The eyes // Fragments

De la simple fêlure qui se créée venant semer le doute à la cassure irréversible faisant voler en éclat une identité en passant par la remise en question, ces recherches plastiques se veulent une étude sur le visage, les apparences sociales, le regard de l’autre et la relation à sa propre identité. Il s’agit aussi d’une réflexion sur certaines images de femmes véhiculées par les médias et sur la pression plus ou moins consciente de canons de beauté stéréotypés dans notre société. J’ai réalisé trois séries autour de ce thème composées de photographies, collages et mosaïques : Beautés dérangées, The eyes et Fragments qui est en cours de réalisation.

Avec The eyes cette beauté mise en scène vole en éclat. Déchirées, déstructurées, déconstruites, ces images prennent un aspect troublant voir dérangeant. Une manière de rappeler que la beauté n’est pas sans sa part d’ombre.

Si on veut parler du beau, il faut aussi parler du grotesque, des monstres, de la violence.
Jean-Michel Othoniel.

Fragments enfin révèle cette vision fragmentaire que nous avons de nous-même. Et comment pourrait t-il en être autrement puisque nous ne pouvons nous voir entièrement ni même être objectif envers nous-même ? Paradoxe d’un corps in-dissociablement visible et invisible.

Corps absolument visible, en un sens : je sais très bien ce qu’être regardé par quelqu’un d’autre de la tête aux pieds, je sais ce que c’est qu’être épié par-derrière, surveillé par dessus l ‘épaule, surpris quand je m’y attends, je sais ce qu’est être nu ; pourtant ce même corps qui est si visible, il est retiré, il est capté par une sorte d’invisibilité de laquelle jamais je ne peux le détacher. Ce crâne, ce derrière de mon crâne que je peux tâter, là, avec mes doigts, mais voir, jamais ; ce dos, que je sens appuyé contre la poussée du matelas sur le divan, quand je suis allongé, mais que je ne surprendrai que par la ruse d’un miroir; et qu’est ce que cette épaule, dont je connais avec précision les mouvements et les positions, mais que je ne saurai jamais voir sans me contourner affreusement. Le corps, fantôme qui n’apparaît qu’au mirage des miroirs, et encore, d’une façon fragmentaire.
Le corps utopiques, les hétérotopies, M.Foucault

Les yeux sont omniprésents car témoins d’une société narcissique dépendante du regard d’autrui. Comment suis-je perçu par l’autre et qu’est ce que cela fait résonner en moi ? Qu’est ce que le regard de l’autre me révèle t’il de ma propre existence ?

La mosaïque et le collage permettent de se ré-approprier des images, d’offrir un autre point de vue, de reconstruire quelque chose qui a été brisé à l’image d’un puzzle, ou encore d’établir une nouvelle réalité telle qu’on voudrait qu’elle soit.

Una es más auténtica cuanto más se parece a lo que ha soñado de sí misma. – Agrado. (Une femme est la plus authentique quand elle ressemble le plus à ce qu’elle a elle-même rêvé d’être.) Tout sur ma mère, Pedro Almodóvar

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