Quel pinceau pour quel make-up ?

I. État des lieux

Jusqu’à récemment, mes connaissances sur les pinceaux se résumaient à quelques techniques picturales développées lors de mes études en arts appliqués. Comme toute coquette qui se respecte, je connaissais les pinceaux poudre, blush, lèvres et sourcils. Mais de là à imaginer qu’il existe une dizaine de pinceaux rien que pour travailler le teint… 

Pinceaux couvrant, diffuseur, tapoteur, éventail, correcteur, kabuki, estompeur, mélangeur, ombreur, arrondis, fournis, rectangulaires, plats, biseautés, éventail, eyeliner, ras de cils, creux de paupières… c’est le cas de le dire, il y a de quoi s’emmêler les pinceaux !

J’aurai pu passer des heures sur internet pour comprendre le pourquoi du comment mais une solution m’a semblé beaucoup plus pertinente : rencontrer mon ami Vincent Brière, Make-up Artist, actuellement en formation à l’école Make-up Atelier Paris. Une manière aussi de ne pas être influencée par ce qui a déjà pu se dire et d’apprendre par moi-même.

Ce jour là, Vincent était très occupé à implanter une moustache sur une poupée (décidément ils en apprennent des choses en école de make-up). Je commence par observer sagement son matériel, en particulier sa trousse à pinceaux et là, c’est le drame, je suis perdue.

Trousse pinceaux Vincent
© JITMF

Pourtant j’avais révisé avant de venir, j’avais même fait des fiches mémo comme au collège pour ne pas avoir l’air totalement inculte. Bref, j’ai fini par appeler au secours, n’en déplaise à la poupée encore bien dégarnie. Je demande à Vincent de me montrer ses pinceaux incontournables. Certains le sont tellement qu’il y sont en double (en plus il y a des pièges). Mais ne nous laissons pas impressionner et allons à l’essentiel.

II. Matières et formes

On distingue deux grandes familles : les pinceaux à poils naturels pour les textures sèches ou poudrées et ceux à poils synthétiques pour les matières fluides, crémeuses ou grasses.
Certains pinceaux font cependant exception à cette règle (ça serait trop simple sinon). C’est le cas des pinceaux tapoteurs, également appelés diffuseurs ou encore duo fibre, qui possèdent à la fois des poils naturels et synthétiques. Ces derniers ont l’avantage de s’adapter à la fois aux textures sèches et fluides.

A chaque forme de pinceau correspond un effet recherché : rond pour diffuser, plat pour appliquer, rectangulaire pour tracer, biseauté pour dégrader…
De même, la forme du pinceau varie selon la zone du visage à maquiller. On obtient ainsi quatre groupes : les pinceaux pour le teint, les yeux, les sourcils et les lèvres.

 III. Quel pinceau pour quelle zone du visage et pour quel usage ?

  1. Le teint – Corriger, unifier, matifier, illuminer
Teint
© JITMF

Prémière étape : corriger. C’est à l’aide du petit pinceau rectangulaire ras de cils (1) que l’on vient camoufler cernes, rougeurs et autres imperfections. Si les cernes sont vraiment marqués, on utilise un pinceau correcteur classique (2), légèrement plus épais. Ensuite on applique sa base ou sa crème de jour l’aide d’un pinceau fond de teint (3).

L’étape suivante consiste à unifier. Pour déposer son fond de teint, on utilise le même pinceau que celui de la base (3). Pour éviter l’effet masque on peut également utiliser le pinceau tapoteur (5) puis on fixe/matifie l’ensemble avec un pinceau poudre (4).

Dernière étape : illuminer. C’est le moment de faire monter le rose aux joues à l’aide d’un pinceau blush (6). En été pour un teint plus doré le pinceau éventail est parfait pour déposer sa poudre soleil en toute subtilité grâce à sa forme évasée qui « balaie » le surplus.

2. Les yeux – Tracer, appliquer, ombrer, dégrader

yeux
© JITMF

Pour tracer au dessus comme en dessous de l’œil rien de mieux que le pinceau eyeliner (1) qui offre une grande précision.
Pour appliquer son fard à paupière on choisit le pinceau ombreur (2) ou le mélangeur-estompeur (3) si l’on est d’humeur créative.
Pour dégrader les fards sur le coin externe de la paupière, le pinceau ombreur biseauté (4) est idéal.

3. Les sourcils – Dessiner, sculpter, brosser

Sourcils
© JITMF

Pour les sourcils il y a deux écoles : celles qui utilisent un crayon en remplissant les sourcils de petites hachures et celles qui les travaillent au fard à l’aide d’un pinceau biseau sourcils (1). Cette seconde technique permet un fondu plus naturel. Pour intensifier le résultat, il suffit d’humidifier légèrement son pinceau et de travailler le fard mouillé.

Quelle que soit la technique utilisée, il est indispensable de peigner ses sourcils à l’aide d’un goupillon (2) ou d’un pinceau brosse pour les discipliner et leur dessiner une jolie forme.

4. Les lèvres – Appliquer, définir, remplir

Lèvres
© JITMF

Impossible de se tromper, il n’ existe qu’un modèle. Seule la taille peut varier. Il s’agit d‘un pinceau très fin et forcément avec des poils synthétiques puisque la matière travaillée est toujours grasse. Il est parfait pour appliquer un rouge à lèvres et en définir les contours après les avoir esquissé au crayon à lèvres. On finit par poudrer la bouche pour fixer le rouge et le tour est joué !

IV. DO et DON’T

Voici les conseils de Priscilla Dana formatrice à l’école Make-up Atelier.

DO :

> Poser son mascara en effectuant un mouvement d’enroulement avec le pinceau brosse pour bien enrober tous les cils.
> Appliquer son rouge à lèvres au pinceau pour un résultat bien plus net surtout aux commissures.
> Se servir du petit pinceau rectangulaire pour les retouches corrections à des endroits précis et fins tel que le ras des cils ou les arrêtes du nez.
> Privilégier les pinceaux en poils naturels qui ne laissent pas de traces. En effet alors que les pinceaux en poils synthétiques restituent toute la matière et « marquent », ceux à poils naturels, en absorbant une partie de la matière prélevée, offrent un rendu bien plus naturel.
> Parmi les pinceaux à poils synthétiques choisir ceux en Taklon, la fibre imitant le mieux les pinceaux en poils naturels qui se trouve en plus dotée d’un traitement anti-bactérien.

DON’T :

X  Secouer de haut en bas sa brosse à mascara – ce que l’on fait toutes pensant bien faire pour la « recharger » en pigments. En réalité cela fait rentrer de l’air dans le tube et assèche la texture qui dure alors deux fois moins longtemps.
X  Utiliser un pinceau trop épais pour le tracé eyeliner. Il faut choisir le plus fin possible pour être sûre de réussir son coup. Le pinceau échelle 0 par exemple.
X  Utiliser des pinceaux en mousse, à fuir à cause des traces.
X  Ne pas nettoyer ses pinceaux. Penser à leur faire un petit shampouinage à l’eau et au savon de Marseille au moins une fois par semaine, surtout si leur usage est quotidien car sinon vive les nids de bactéries !

V. Test

C’est le moment de tester vos connaissances, alors quel pinceau pour quel make-up ?
À vous de jouer !

Réponses
Image n°1 : Pinceaux eyeliner / ombreur / ombreur biseauté / sourcils / goupillon.
Image n°2 : Pinceaux fond de teint / ombreur / mélangeur-estompeur / lèvres.
Image n°3 : Pinceaux fond de teint / poudre / blush / lèvres / sourcils.

Vous n’avez pas fait un zéro faute à ce test ? Pas de panique car comme dirait Oprah Winfrey :

Peu importe le défi que vous avez à surmonter, vous devez vous rappeler que même si la toile de votre vie se peint au fil de vos expériences, de vos comportements, de vos réactions et de vos émotions, c’est vous qui avez le pinceau en main. (Ce dont je suis certaine, 2015).

Cet article a été publié sur le blog de GlossyBox.