Body Balance

  • Présentation

Le Body Balance est une discipline créée par LesMills, une méthode de cours collectifs élaborée par les meilleurs experts internationaux du Fitness et venue de Nouvelle-Zélande.
C’est un mélange de gym douce, de stretching et de relaxation s’inspirant du yoga, du Taï-chi et de la méthode Pilates.
Chaque exercice est accompagné d’une musique adaptée -tantôt planante tantôt tonique- qui nous met en condition en nous stimulant ou bien en nous apaisant. La chorégraphie, associée à une playlist composée d’une dizaine de musiques, change tous les trois mois afin que le corps ne s’habitue pas aux exercices ; comme ça pas le temps de se lasser !

  • Déroulement

Le cours de Body Balance se déroule selon trois grandes parties : une partie Taï-Chi puis une seconde mêlant Yoga Ashtanga, Pilates, Équilibre, Stretching durant les 45 premières minutes et enfin la relaxation/méditation lors des 10 dernières minutes.

Chaque partie correspond à différents exercices et objectifs.
Le Taï-chi permet de nous échauffer et d’entamer la première connexion corps-esprit. On commence en effet par faire le vide, par se concentrer sur une précieuse boule d’énergie par exemple que l’on fait circuler le long du corps.
La seconde partie vise à tonifier et à renforcer ses muscles profonds tout en travaillant sa mobilité articulaire. On termine par le relâchement et la détente.

Lors des exercices, Il y a toujours des options selon son niveau mais il est intéressant d’en essayer de nouvelles même si l’on ne s’en croit pas capable. Certains exercices challenges comme la pose du corbeau par exemple sont vraiment intéressants car ils poussent à sortir de sa zone de confort et contribuent, petit à petit, à prendre confiance en soi. C’est en cherchant à dépasser ses limites (sans se faire mal bien entendu) que l’on acquiert de réels gains de souplesse et que l’on progresse. Il faut donc ne pas avoir peur de se mettre en déséquilibre, de pendre des « risques » car c’est là que les muscles vont être réellement sollicités.

Béatrix de Montalier, ancienne danseuse, coach fitness et instructeur LesMills (RPM, Body Combat, Body Attack, Body Step, et Body Balance) explique que «Pratiquer 15 min d’étirements avant ou après sa séance de sport habituelle ne sert à rien.» En voilà une désillusion. «Pour prévenir les blessures du corps il faut pratiquer au minimum une heure de stretching par semaine.» Une résolution pas si difficile à tenir étant donné que le Body Balance devient rapidement addictif de par le bien-être global qu’il procure.

Important : Penser à bien respirer à chaque nouveau mouvement. Face à la découverte de nouvelles figures un poil complexes on est en effet tentés -de manière inconsciente- à bloquer sa respiration et à rester en apnée or c’est tout l’inverse qu’il faut faire. La respiration doit accompagner l’enchaînement des mouvements avec fluidité. Dans l’idéal, il ne devrait jamais y avoir de « point mort » lors de la chorégraphie : le corps reste toujours en mouvement avec des transitions douces entre chaque exercice.

  • Quelques postures en images

Le Body Balance est dit « world Gym » car c’est un mélange de plusieurs gym douces du monde. Pas étonnant donc que l’on n’y retrouve de nombreuses postures aux noms originaux qui pourront en surprendre plus d’un au début : « Chien, Crocodile, Vache, Cobra, Dauphin, Arbre, Fleur, Coquillage »… ambiance nature  et dépaysement garantie ! Cela contribue, avec les musiques et les enchaînements, à déconnecter et à s’offrir une vraie parenthèse de calme.

1. Le Yoga

2. Les Équilibres

3. Le Pilates

4. Le Stretching

5. Les Twist

6. La Relaxation/Méditation

  • Les Bienfaits

> Un équilibre corps & esprit
Le Body Balance comme son nom l’indique vise à trouver un équilibre entre le corps et l’esprit, les deux allant de pair. Les exercices pratiqués permettent à la fois de renforcer la stabilité et la flexibilité du corps ; le calme et la concentration de l’esprit.
Le BB est un cours très complet car il fait travailler tout le corps et parce qu’il mêle renforcement musculaire, mobilité articulaire et relaxation. C’est aussi l’un des rares cours à faire travailler le mental : en contrôlant sa respiration on apprend à recentrer son esprit.

> Une silhouette harmonieuse
S’il ne fait pas partie des cours cardio il vous permettra tout de même de brûler entre 290 et 400 calories par cours. Entre un Taï-Chi super dynamique, des salutations au soleil, des Guerriers en extension, des positions intenses et une bonne dose de Pilates autant dire qu’on a vite chaud. Le BB -a condition d’être pratiqué régulièrement- a la particularité de délier, d’assouplir, de tonifier… à la clé une silhouette harmonieuse mais aussi une démarche plus posée et gracieuse.

> Un allié beauté
Le Yoga, les étirements et les équilibres amènent à avoir souvent la tête en bas ce qui se trouve être bénéfique pour la circulation sanguine et contre le vieillissement de nos cellules ajoute Béatrix.

> Une parade au stress
La partie relaxation-méditation permet un total relâchement du corps et un apaisement de l’esprit à tel point que certains, tellement détendus, s’endorment à la fin du cours. Vous l’aurez compris, mieux vaut ne pas prévoir d’activités après le BB !

Voici un petit aperçu vidéo :

  • Informations pratiques

Pour qui ?
Le Body Balance est ouvert à tous et accessible même pour les personnes à priori peu souples. Il faudra néanmoins quelques semaines et une pratique régulière pour se sentir totalement à l’aise avec les chorégraphies et avec le noms des postures.

Quel matériel ?
Pas grand chose : des vêtements de sport confortables et un tapis, c’est tout. Pas besoin de chaussures, elles sont même déconseillées car pour travailler l’équilibre il est nécessaire d’être en total contact avec le sol. Il est possible de rester en chaussettes mais cela risque de glisser, le mieux est vraiment de pratiquer pieds nus ou avec des chaussons de yoga spécifiques.

Où pratiquer ?
On trouve sur ce site les clubs offrant des cours de BB à Paris et dans de nombreuses autres grandes villes telles que Bordeaux, Strasbourg, Grenoble, Lyon, Lille, Marseille…

Et peut-être qu’un jour, qui sait, on arrivera à faire ça :

Beautés tatouées

Si vous n’avez pas encore vu « Tatoueurs, Tatoués » courez-y ! Il ne vous reste en effet plus que deux semaines pour visiter cette somptueuse exposition, probablement la plus importante qui n’ait jamais été faite sur le tatouage. On y découvre les différentes origines, techniques, modes de vie et sens liés au tatouage selon les époques et populations à travers les quatre continents.

Le tatouage séduit, qu’il soit permanent ou pas. En effet, impossible de passer à côté de la tendance des tatouages éphémères particulièrement vus cet été.

De nombreuses marques de bijoux et d’accessoires surfent sur cette tendance en proposant des tatouages en éditions limitées tandis que d’autres se sont carrément spécialisées dans les bijoux éphémères, version or ou argent. Idéal pour sublimer sa peau encore bronzée au retour d’une destination ensoleillée ou pour faire sensation le temps d’une soirée.

Inspiration

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Sélection

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Escapade à Bidart

Destination le pays Basque oui mais où ?
Chaque année durant la période estivale une foule de surfer amateurs ou professionnels débarquent à Biarritz direction la célèbre côte des Basques. Il y a aussi le tout Paris qui descend à St Jean de Luz. Et si un petit havre de paix existait entre les deux ? Bidart c’est un petit village typique qui semble échapper aux hordes des touristes. Un centre historique, six plages de sable fin, des animations locales, des restaurants tous plus goûteux les uns que les autres… retour sur une semaine de belles découvertes au sein de ce petit paradis. 

  • Séjourner 

Itsas Mendia

Prenez un lieu idéalement situé, entre mer et montagne exactement, ajoutez y une touche design, un accueil des plus chaleureux et vous obtiendrez «Itsas Mendia ». Cet Hôtel, l’un des premiers de référence à Bidart il y a maintenant un siècle, a fait l’objet d’importantes rénovations par la propriétaire et héritière des lieux, Maïder Etchayde, qui a su sublimer l’endroit tout en lui conservant son identité.
Le + : prendre son petit déjeuner sur la terrasse ombragée en admirant la vue apaisante des montagnes, ou encore se délasser dans la piscine après une journée bien remplie.

  • Se dépenser 

Découvrir la côte avec le sentier du Littoral

Bidart est le point de départ de ce sentier, long de 25 km, s’achèvant sur la plage d‘Hendaye.
Pour la première partie, de Bidart à St Jean de Luz, c’est parti pour 13,3 km soit environ 3h30 de marche, entre chemins le long des falaises, plages, criques sauvages et petites routes.
Ne pas manquer : La chapelle Ste-Madeleine avec la vue sur la côte et la plage du Centre à Bidart ; les plages de Cenitz et de Lafitenia à Guéthary et enfin la pointe Ste-Barbe avec son point de vue sur la baie de St-Jean-de-Luz.
Le + : les nombreuses tables d’orientation permettant d’analyser les lieux et de faire des petites pauses enrichissantes.

Apprendre à bien glisser

C’est l’histoire de deux passionnés de surf, Thomas et David –l’un champion côte Basque 2012, l’autre vice champion de France- qui décident d’ouvrir leur école de surf en mars 2015. Résultat ? Parfaite adéquation entre pédagogie, expertise et bonne ambiance. En effet la devise ici c’est avant tout de s’amuser et de glisser tout simplement ! Avec ces ingrédients réunis on a comme une furieuse envie de retourner à l’école…
Idéal pour ceux qui débutent mais aussi pour tous ceux qui veulent progresser rapidement grâce aux conseils personnalisés de ces deux super moniteurs.
Le + : l’école est située sur une des plus belles plages de Bidart, un peu à l’écart certes mais qui vaut vraiment le détour.

  • Se détendre 

Pratiquer le Yoga a la playa

Après une cession de surf rien de mieux que de bien étirer son corps à la fois pour récupérer et dénouer les tensions et pour se préparer à la prochaine étape. En effet, de nombreux sportifs affirment que le yoga leur permet de se préparer aussi bien physiquement que mentalement, de gagner en sérénité et en stabilité. Le combo surf + yoga très à la mode ces dernières années aurait donc une explication toute logique.
Pour profiter au mieux de cette discipline dans un décor de rêve rendez-vous pour un cours sur la plage avec Sophie Regnier qui se fera une joie de vous faire découvrir le Hatha Yoga.

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© Sophie Regnier

Chiller face à l’océan

Le Blue Cargo c’est un peu le Wanderlust du coin, un spot pour chiller face aux vagues les pieds dans le sable. Le soir on s’y régale de tapas élaborés inspiration sud-ouest et dès la nuit tombée, le lieu se transforme en dance floor géant face à l’ocean. On aime beaucoup le Grand Rivage, mais là il faut reconnaître que c’est autre chose tout de même.
Pas étonnant que l’endroit ait vu passer Nicolas Duvauchelle, Vincent Cassel, Frédéric Beigbeder ou Joey Starr entre autres…

  • Se régaler 

TyOuessant

Il a plu toute la journée ? on enfile son ciré et on la joue côte bretonne en allant déguster une galette chez TyOuessant. Surprise avec une pâte pas comme les autres : fine et croustillante avec ce petit je ne sais quoi… un délice. La gérante nous explique qu’il s’agit des céréales présentes dans la recette familiale qu’elle tient de sa grand-mère. Ajoutez à cela un rapport qualité prix top, à ce rythme là on veut bien qu’il pleuve plus souvent (mais pas trop quand même hein).

Elissaldia

La terrasse de cet Hôtel Restaurant ne désemplit pas du matin au soir, déjà c’est un signe. On observe un moment le bal des serveurs qui s’agitent avant de se jeter à l’eau… Bonne pêche ce soir là avec un excellent merlu à la plancha tendre à souhait. L’omelette végétarienne n’est pas mal non plus. En prime les serveurs sont aussi sympathiques qu’ils sont agités. Bref on reviendra.

La palmeraie

Soirée fraîche ? on se réchauffe avec une soupe de poisson servie dans les règles de l’art. Grosse chaleur dans l’après midi ? on savoure une coupe de glace à l’ombre de l’imposant palmier qui trône au milieu de la terrasse de ce Restaurant.
Le + : une partie de la terrasse offre une vue à la fois sur les montagnes et l’océan. Pourquoi choisir quand on peut avoir les deux.

L’Hôtel du Fronton 

En after surf (et après avoir grimpé la côte qui va avec au retour de la plage), on a faim ! Pour continuer sur la vague iodée rien de mieux que les classiques moules frites servies à la terrasse de cet Hôtel idéalement situé si l’on veut suivre une partie de pelote basque en live. Parce que c’est bien aussi de regarder les autres se dépenser.

La Tantina de la playa  

Du sol au plafond, ambiance 100% basque ici entre les costumes marins, le matériel de pêche et tout l’attirail du parfait surfer.
Tout est frais et cuisiné sur place. À tester absolument : les poivrons farcis, la lotte piperade et en dessert le fondant au chocolat à se damner !
Le + : se trouver aux premières loges pour admirer le coucher de soleil sur l’océan, face à un dégradé de ciel rose-orangé et d’une nuée de surfer tardifs s’accrochant aux dernières vagues. Plus romantique tu meurs.

  • Pour prolonger le goût des vacances

On rapporte des saveurs locales

Le samedi matin c’est le jour du marché des produits régionaux sur la place. On en profite pour ramener du jambon de Bayonne, du fromage de brebis, du piment d’Espelette, des jus de pomme bio, des mouchous (sorte de macarons) et évidemment du gâteau basque !

Si on a raté le marché, pas de panique on peut compter sur la boutique Etxe Peio rue de la Madeleine pour trouver tout le meilleur du terroir basque. C’est aussi ici qu’on a déniché LA pâte à tartiner sans gluten et sans huile de palme (attention, la version caramel au beurre salé est addictive). Le bon vieux Nutella a du souci à se faire.

  • Aux alentours de Bidart

Faire une escale aux Caraïbes

Tempête annoncée (comprenez par là annulation des cours de surf, ballades le long des sentiers, yoga a la plage et toutes autres activités en plein air inenvisageables) ? Direction l’Aquarium de Biarritz qui bénéficie d’un nouveau parcours avec un lagon caraïbe de 11 m. Voyage au cœur des récifs coralliens au pays des poissons clown, anémones et autres espèces tropicales…. Dépaysant.

Se mettre en mode yoga avec Lolë

Lolë Biarritz est une « showtique » soit un complexe mêlant espace boutique et atelier de yoga sur place. Situé sur le haut d’une falaise on profite d’une vue plongeante sur l’océan et on fait des emplettes pour ses amies Yogi. Un univers inspirant.

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© Lolë Biarritz

Chiner des jolies choses

En juin dernier ouvrait une nouvelle boutique à Bayonne, Les Jolies chosesqui porte bien son nom. On y trouve une sélection d’articles de créateurs qui changent tous les trois mois ainsi que des ateliers éphémères où l’on se fait joliment tatouer par exemple.
Coup de coeur : les débardeurs Bio à messages de Bertille, les bijoux et pochettes d’April&Me et les sweats illustrés de Narcissik.me.

Rencontre avec Davina Shefet « For The Party People »

Chatoyance de couleurs fauves, joyeux bric à brac vintage, cabinet de curiosités bling bling, brocarts et soieries en attente d’ornements précieux… nous ne sommes pas à Byzance mais chez Davina Shefet ou plutôt dans son atelier, là où ses créations textiles inspirées et inspirantes prennent forme. De son imagination naissent des histoires poétiques qui se racontent par petites touches sur des foulards et des kimonos habités. De l’artisanat avec un grand A à l’ère du fast fashion et des digital natives qui ne jurent plus que par le virtuel, on aime ça.

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Joyeux bric à brac vintage

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Brocarts et soieries en attente d’ornements précieux

Davina est arrivée dans la mode « par hasard » et explique créer « par accidents » . Son talent semble lui échapper alors même qu’il nous éclate à la figure. Voyage quelque part entre l’orient et l’occident, For the Party People mais pas que…

Peux-tu te présenter ?
J’ai 27 ans, à la base je suis compositeur-interprète puis j’ai étudié la communication visuelle pendant trois ans à l’ECV. Je me considère un peu comme une touche-à-tout. J’ai commencé l’illustration et très vite j’ai eu envie de m’exprimer sur d’autres supports que le papier. Tout sauf des surfaces planes. Je me suis alors tournée vers le textile qui pose des contraintes soit de nouveaux challenges pour moi qui aime relever les défis. Travailler les pleins, les vides, le volume m’intéresse tout particulièrement. J’ai donc commencé à peindre sur des foulards puis de fil en aiguille sur des plus grandes pièces : des kimonos. En fait je me suis retrouvée dans la mode un peu par hasard.

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Ses illustrations

Qui se cache derrière « La Factory » que l’on trouve sur ton site* et quel lien y a t-il avec « For The Party People » ?
En fait il y a deux choses : « La Factory » qui est une agence de communication visuelle que j’ai créée qui traite des projets pour l’illustration, le web design, l’identité visuelle, la publicité et « For the Party People » ma marque de kimonos. Il m’arrive d’employer des free lance pour l’un ou l’autre de ces deux projets mais globalement, je suis seule derrière tout ça.

Pourquoi avoir choisi comme pièce phare de ta collection le kimono ?
Alors là c’est une très longue histoire. Il y a plusieurs raisons à cela.

La première est liée à mon histoire personnelle : à une époque où j’avais des problèmes de poids je recherchais toujours le vêtement qui allait à la fois cacher mes complexes et refléter ma personnalité. Ce devait aussi être un vêtement dans lequel je me sente bien, dans lequel je puisse bouger tout en me sentant mise en valeur. Je portais souvent des mailles extra-larges ou des vestes avec des détails particuliers pour attirer le regard là où je le désirais.

La seconde est liée à un constat de mon expérience en tant que vendeuse de vêtements : de nombreuses femmes recherchent des pardessus pour sortir or on ne leur propose que des blazers ou des étoles. Je trouve cela très limité. En fait, j’ai tiré la conclusion qu’il y avait à ce niveau une demande supérieure à l’offre et qu’il y avait sans doute quelque chose d’autre à proposer.

La troisième raison est liée à mes goûts et à ma personnalité : j’ai toujours été fascinée par la mode japonaise et par le kimono. Au Japon, on offre un kimono lors des grandes étapes de la vie comme un rite de passage. Je trouve ce côté sacré, cérémonial très beau. Je ne fais pas référence à l’univers des Geisha mais vraiment à ce que représente le kimono lui-même. Une amie m’a offert un kimono il y a un an alors que je venais de commencer à peindre sur des foulards et là ce fut une évidence, il fallait que je peigne aussi sur des kimonos !

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Sa palette de peinture sur soie
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Détails de foulards peints à la main

« For The Party People », dois-je en conclure qu’il faut nécessairement être une créature de la nuit pour porter un de tes kimonos ?
En fait je cherche surtout à fuir toute sorte de stéréotypes. Je n’aime pas le côté austère et prétentieux de l’ambiance des soirées depuis la fin des années 80. Tu sais, ce côté bling bling très sélect avec des codes fermés et élitistes. Moi je voulais un univers qui soit joyeux, coloré, mixte, bon enfant et résolument ouvert d’esprit. La liberté c’est le mot clé. En définitive, « For the Party People » ne s’adresse pas uniquement aux gens qui clubbent mais avant tout à ceux qui cherchent à s’abandonner, à se réinventer. Le personnage du drag Queen par exemple est pour moi une source d’inspiration, c’est l’idée que, le temps d’une soirée, tu t’inventes un personnage pour mieux t’évader.

Quelles sont tes inspirations ?
La mode Japonaise, Kenzo, le mélange orient-occident, le fauvisme (Matisse en particulier), Chagall, Moreau, l’art Islamique… j’ai aussi été marquée par le style brut Danois -je suis Danoise d’origine- je m’en inspire dans ma manière de casser les codes.
Comme j’aime les références ethniques occidentalisées je cherche à créer par l’ornement des kimonos qui soient vraiment le reflet de ce pont entre orient et occident.

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Kimono long « L’animal Hybride »

P1040539 Comment définirais-tu ton style ?
Brouillon dans le sens expressionniste, je crée par accidents. Je n’ai pas vraiment d’idées en tête ou alors même si j’en ai une elle m’amène souvent à un résultat que je n’avais pas prévu, c’est d’ailleurs l’échec qui me fait rebondir. Je suis dans un style ornemental, visuellement spontané, avec un trait qui se veut électrique, diffus, à l’arrache.
Pour les références je me situe à mi-chemin entre Hermès (pour le côté tradition, luxe, artisanat), Lacroix (pour le vêtement d’exception) et Kenzo (pour la mixité des inspirations).

As-tu un fil directeur dans tes créations ?
Oui le storytelling. En fait, chacun de mes kimonos raconte une histoire différente car avant même de peindre, j’écris des histoires que je traduis ensuite visuellement. Le livre Pop Culture de Richard Mémeteau a été une source d’inspiration pour l’une d’elle.
Ma première collection de Kimonos intitulée « Party with yourself » correspond ainsi à cinq petites histoires qui traitent des différents états du moi. Il y a « Le jardin d’hiver » (les visages du moi) , « L’animal hybride » (le moi dompté), « Le voyage » (le moi primaire), « Gilgamesh » (le moi sacré) et « Pop Culture » (le moi par le reflet). En voici deux d’entre elles :

 Le jardin d’hiver – Les visages du moi 
Un moment de recueil et de poésie, de superpositions, de cachoteries, de la profondeur sous une apparente légèreté, une fragilité pesante, un envol sous la neige. Douceur et gourmandises sur la route stratifiée du soi. Paradoxes et visages d’une féminité introspective.

L’animal hybride – Le moi dompté 
L’homme et la femme donc. Une nature domptée, des peaux de serpents qui forment des fleurs, un lézard sec mis sous verre comme un papillon, la confusion des genres, l’inversion des genres même. De la taxidermie au bestiaire, l’allure d’une chasseuse fétichiste qui collectionne et se vêt de ses conquêtes chacune traquée et aimée pour ce qu’elle représente. Du pouvoir et des accomplissements, de l’égo travaillé, une beauté violente presque castratrice. Artemis meets Merkel.
 

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« un envol sous la neige »

Comment se déroule la création de tes kimonos, quel est ton procédé de fabrication ?
La première étape est la réalisation de la toile/du patron suite à laquelle j’élabore mon imprimé inspiré de mes histoires. Je peins le prototype original entièrement à la main, ce qui me prend environ trois semaines. Enfin vient l’assemblage avec une couturière.
Si le résultat me satisfait, je scanne tout, je retravaille l’imprimé pour la production et je l’envoie pour l’impression digitale. Cela donnera lieu à des collections capsules de 30 pièces par modèle produite en Europe (probablement en Italie).
Côté matières mes kimonos sont 100% soie crêpe avec ajout de brocarts et velours pour les ornements.

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Détails du kimono « Le sacré »
« Style ornemental, visuellement spontané, trait diffus »

Des textiles peints à la main directement sur des pièces en soie, des collections capsules produites en Europe… de l’artisanat et du local à l’ère du fast fashion c’est un risque ou plutôt un véritable pari. Pourquoi ce choix ?
Par manque de moyens d’abord comme je débute. Par éthique ensuite afin de m’assurer de conditions de travail correctes. C’est aussi un choix politique. Celui de proposer des créations uniques pour des personnes qui veulent se sentir uniques, il fallait donc que ma démarche soit cohérente avec mon propos. Je ne vais en effet pas proposer des vêtements identiques en masse sinon je perds l’identité de ma marque.

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Détail du kimono « Le jardin d’hiver »

IMG_6957 As-tu déjà envisagé la personnalisation, actuellement très en vogue dans le milieu de la mode, de tes kimonos ? Cela irait dans le sens de ton choix non ?
J’ai déjà fait des collab avec Andy Bradin et French Tobaco. Je choisis des artistes et je réinterprète, moi avec eux, leur univers. Il s’agit vraiment d’un travail main dans la main. Je commence par leur poser des questions pour cerner leur personnalité puis je crée avec mes outils habituels. Quand à la personnalisation, c’est une option que je propose pendant le crowfunding*.

Ta marque semble proche du lifestyle. Il ne s’agit pas que de mode et de kimonos sinon de prôner un certain état d’esprit/art de vivre n’est-ce-pas ?
Oui c’est vraiment ça, pour moi le plus important c’est que la personne s’amuse ! Je suis en effet proche du designer dans le sens où avant de me lancer, j’ai réalisé de nombreux tests d’usage/de situation. Il fallait que la personne puisse réellement avoir une totale liberté de mouvement en portant mes kimonos. Je me suis aussi donné comme challenge de réaliser un modèle qui soit unisexe et taille unique. Un challenge qui me pose de sacrés défis côté production ! Je cherche encore mais je pense qu’il s’agira de l’Italie.

Quels sont tes projets à venir ?
Commencer par obtenir des fonds grâce au crowfunding* ! Je suis au coup d’envoi de ma collection donc je vais déjà voir quels sont les retours face à mes créations. Sinon j’ai bien un autre projet en tête mais il est d’une toute autre matière…

Ça m’intéresse…
J’aimerais créer un women’s group, pour faire court il s’agirait de réfléchir sur le leadership au féminin. C’est un projet sur lequel je travaille avec la même amie qui m’a offert le kimono et qui termine actuellement sa thèse sur le sujet.

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Davina portant une de ses créations

Et si tu étais…
Une couleur :
le vert
Une matière :
le bois
un métal :
l’or
Un vêtement :
un kimono
Une odeur :
la cannelle
une saison :
l’automne
un paysage :
une plage nordique
une fleur :
de cerisier
une ville :
Paris
un pays :
la France
un plat :
du saumon quel que soit sa forme
un goût :
sucré (mais acidulé)
un réalisateur :
Mel Brooks
un écrivain :
Marguerite Yourcenar
une groupe de musique :
Motown
un courant artistique :
le fauvisme
une époque : à venir

Interview terminée, on quitte Byzance le Marais, la tête en effervescence pleine d’histoires mystérieuses, de légendes ancestrales, de teintes à la fois douces et violentes, de motifs orientaux, de rites sacrés, de métamorphoses, d’analyse sentimentales, de débats sur la confusion des genres… Tout est un peu brouillon, à l’image de l’atelier où l’on vient de voyager passer l’après-midi mais le sentiment, lui, reste net. Celui d’avoir rencontré une artiste avec un grand A. Davina, je te souhaite encore beaucoup d’autres belles histoires « par accidents » puisque c’est ainsi qu’elles surgissent du bout de ton pinceau.

Photos de l’article © JITMF