Albert Besnard : du réalisme aux libertés de l’ailleurs, un voyage de toute beauté

Par une froide après-midi de janvier me voici sur les traces de «L’impertinent absolu», mais il y avait tant de monde qu’il me fut impossible de me projeter dans l’univers du célèbre dandy. En me baladant au coeur de ce Petit Palais que j’aime tant je suis alors tombée sur une rétrospective consacrée à Albert Besnard (1849-1934). De lui, je connaissais les splendides plafonds de la comédie Française et du vestibule d’entrée du Petit Palais, c’est à peu près tout. Il fut en effet un peintre décorateur majeur du Paris de la belle époque. Mais pas seulement…

Une palette sous influences

Albert Besnard fut d’abord un peintre réaliste à l’image du Portrait de Jeanne George (1874) réalisé l’année où il remporta le Grand Prix de Rome.

Néanmoins, l’influence de la peinture préraphaélite lors d’un séjour à Londres fait rapidement évoluer son style. Sa palette se fait alors plus vive, plus flamboyante.
Une palette qui ne tarda pas à faire scandale avec le Portrait de Madame Roger Jourdain (1886) à cause de ses contrastes colorés jugés trop violents. Le visage apparaissant presque jaune -dû à la lumière du moment- n’est en effet pas du goût de l’époque. Malgré cela, il devint un portraitiste en vogue qui représenta de nombreuses personnalités du monde littéraire et artistique de l’époque.

Pour ma part, ce qui retient mon attention dans le Portrait de Madame Jourdain ce n’est pas tant la couleur de son visage que les plis satinés de sa robe, si réels dans ces infinies nuances de blanc qu’ils semblent presque se détacher du tableau.
Cela me fait penser à Promenade au bord de la mer du peintre luministe Joaquin Sorolla (1863-1923) dont une rétrospective fut également organisée au Petit palais il y a 10 ans. Bien que profondément différents de par leurs contextes, il y a quelque chose de commun entre ces deux peintres dans cette capacité à maîtriser le blanc et à jouer avec la lumière.

La lumière semble également jaillir par multiples touches du Portrait de Madame Pillet-Will (1900). Sa robe «écaillée d’argent», véritable fourreau de sirène, lui vole pratiquement la vedette.

Lumière brûlante enfin avec le Portrait de Jeanne Bardet (1894) où une cascade de drapés jaune-orangé n’en finit pas de réchauffer le tableau de flammes vibrantes.

Ce traitement subtil de la couleur pour représenter les étoffes de ces dames ne pouvait que séduire la passionnée de textiles que je suis.

Célébrer la beauté féminine

Qu’il s’agisse de portraits mondains ou intimes, Besnard célèbre la beauté féminine.
C’est avec la technique du pastel qu’il excelle à révéler la sensualité de ses sujets. Celui qui fut président de la société française des pastellistes de 1908 à 1913 à réalisé de nombreux portraits et nus avec ce médium approfondissant ainsi ses recherches colorées.

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Baigneuse (1888) pastel sur papier gris, 73,2 x 40,2 cm.

La Baigneuse (1888) illustre bien la virtuosité du pastelliste.
En effet parmi les sujets colorés les plus délicats à représenter figurent certainement le blanc et l’eau. Le blanc, Besnard nous en a fait la démonstration avec le Portrait de Madame Roger Jourdain (1886). Et voici l’eau, représentée simplement par quelques lignes fluides.

Ce tableau a quelque chose de mystérieux à commencer par cette baigneuse mélancolique donc l’identité demeure incertaine. Puis il y a cette palette de couleurs plutôt inhabituelles. Cette coulée d’or reflète t-elle un coucher de soleil se révélant dans une rivière ou bien une identité symboliste affirmée ? Et que dire enfin de cette ambiance vaporeuse. Cette jolie baigneuse rêvant n’a t-elle pas seulement été rêvée ?
Dans tous les cas, il émane de ce tableau une extrême douceur où l’eau enveloppe et caresse la jeune femme de ses rayons lumineux pour mieux la sublimer.


Entre féerie et noirceur

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Féerie intime (1901) huile sur toile, 146 x 155 cm.

Besnard n’a pas seulement révélé la beauté féminine dans tout ce qu’elle a de merveilleux comme en témoigne féerie Intime (1901) qui laisse percevoir une autre facette du peintre.
Voici un clair-obscur saisissant où la cuisse d’albâtre de la belle alanguie se démarque du reste du tableau à moitié plongé dans l’obscurité. À la beauté féminine se mêle ici une part d’ombre. Une beauté entre opacité et lumière.

On remarque toujours cette prouesse à peindre les somptueuses toilettes et bijoux qui participent à cette féerie intime révélée aux yeux de tous.

Décorateur, peintre, pastelliste, mais aussi graveur. La gravure lui permit de traiter des sujets plus sombres parfois témoins de ses angoisses. Ainsi, la série de 12 planches gravées à l’eau forte intitulée La Femme (1885) offre une vision résolument pessimiste du cycle féminin, de la naissance à la mort. Une Mort qui va jusqu’à devenir le sujet principal d’une autre série de planches intitulée Elle (1900).

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L’Enivrement des roses (1899). Huile sur toile.

Ce thème angoissant se retrouve aussi de manière plus implicite à travers d’autres œuvres. En effet, L’enivrement des roses (1889) par exemple peut être vu comme une allégorie de l’odorat mais aussi de la finitude humaine : les roses évoquent la beauté éphémère, le temps qui passe. Après l’éclatante floraison vient l’inévitable pourriture.

La beauté face à l’épreuve du temps, un sujet récemment abordé par le réalisateur Nicolas Winding Refn. «Vous n’aurez jamais la beauté et la longévité. Mais si vous le voulez absolument on bascule dans l’horreur.» témoigne t-il à propos de son film The Neon Demon (2016).

Albert Besnard peintre de la beauté féminine, luministe avant-garde mais aussi graveur de la noirceur humaine donc. Comme si l’un ne pouvait s’envisager sans l’autre. De quoi faire un parallèle avec une citation de Jean Michel Othoniel dans le cadre de son exposition My Way (2011) au centre Pompidou : «La beauté n’existe pas sans sa part d’ombre. Si on veut parler du beau il faut aussi parler du grotesque, des monstres, de la violence.»

Les libertés de l’ailleurs

La palette flamboyante de Besnard se révèle à son apogée dans les années 1910 suite à ses voyages en Espagne, au Maroc en Algérie et en Inde.
La féerie orientale apparaît à travers des tons réchauffés à l’image de ces Femme de Madura qui débordent de sensualité avec leurs peaux mordorées. La couleur éclate avec enthousiasme sur des toiles où styles réaliste et symboliste se mêlent d’une manière totalement libérée.

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De ses voyages il ramène notamment L’Algérienne (1893) et La Favorite (1892), figures mystérieuses, délicieusement envoûtantes, exprimant les goûts et les richesses de l’ailleurs.

Je vais là-bas pour être un autre homme […] parmi les hommes autres.» écrit le désormais directeur de la Villa Médicis dans son récit de voyage L’Homme en rose ou l’Inde couleur de sang en 1913.


Merci Mr Besnard pour cette véritable invitation au voyage là où «tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté.» Comme il est étonnant que votre nom ne soit pas plus souvent évoqué dans l’histoire de la peinture française !

En vert et contre tout

Ce fut l’invité surprise sur les défilés printemps-été 2016, délicatement déposé en dégradé de nuances chlorophylle sur les paupières. Un petit caprice haute couture qui ne manqua pas d’entraîner au passage une déferlante de teintes sapin, menthe, olive, pomme, basilic, émeraude, matcha ou encore wasabi dans les univers de la cosmétique, de la décoration ou de l’alimentation. Aux prémices de 2016, il n’existe pas un secteur que le vert n’ait pas déjà conquis. Petit flashback sur une couleur qui fascine autant qu’elle révulse.

Une couleur ambivalente

Si le bleu apparaît avec une certaine constance comme la couleur préférée des français le vert, lui, divise. Il faut dire que culturellement parlant, c’est une couleur ambivalente : il peut aussi bien faire référence à la vie, à la chance et à l’espérance comme au poison, à la maladie ou au malheur.

Parce que cette couleur est restée la plus instable chimiquement pendant des siècles en Europe -les peintres et teinturiers n’arrivaient pas à la fixer- elle est associée à ce qui est changeant et éphémère : l’amour, la chance, la fortune. C’est la couleur de l’indécision mais aussi du destin. Ainsi les tables de billards et autres tapis de jeux, là où l’on s’en remet au hasard, sont verts ce depuis le XVIème siècle.

Qu’il s’agisse de l’herbe du pré, de la feutrine des tables de roulette ou de bridge, de la pelouse des terrains de football ou de rugby, du bois des tables de ping-pong, la surface où se joue le destin des compétiteurs est associée à la couleur verte. Avec le vert, « les jeux sont faits ». Les couleurs de nos souvenirs, Michel Pastoureau.

D’une couleur maudite…

Le vert est la couleur évoquant le plus grand nombre de superstitions en Europe. La plus connue remonte au XVIIème siècle, il s’agit de la crainte du vert au théâtre. Tout cela s’explique par une histoire de teinture. En effet, à l’époque comme on ne maîtrisait pas encore la synthèse du bleu et du jaune, le vert était obtenu par des colorants végétaux et restait toujours pâle. Pour obtenir un vert franc, des comédiens étrangers eurent l’idée d’utiliser le vert-de-gris, un pigment particulièrement toxique dont se servaient les peintres. Résultat, plusieurs comédiens moururent empoisonnés sans que le lien soit fait avec le dangereux pigment. Le vert devint alors synonyme de malédiction et fut peu à peu banni des théâtres.

Longtemps associée au Diable et à ses créatures, cette couleur est restée liée à la magie, aux êtres étranges et fantastiques : fées, lutins, génies…
Dans le secteur du prêt-à-porter on constate que le vert se vend difficilement en raison de ces vieilles croyances. Idem dans le secteur de la joaillerie où les émeraudes se font rares.

… vers une couleur salvatrice ?

Ce n’est qu’au cours du XIXème siècle que le vert est devenu la couleur de la nature puis celle de la santé et de l’hygiène.
Aujourd’hui, il est associé à la nature, à l’agriculture biologique, à l’écologie “les verts”, au recyclage, à la santé (les croix des pharmacies vertes depuis 1880), à la phytothérapie, à la beauté (des jus détox aux régimes vegan en passant par le packaging des crèmes minceur).
D’un breuvage poison, le vert semble devenu symbole de potion magique, en témoigne le succès actuel des green smoothies aux multiples vertus.

“Autrefois délaissé, rejeté, mal aimé, le vert est devenu une couleur messianique.”
Vert, histoire d’une couleur. Il va sauver le monde. Michel Pastoureau

Il se peut que le vert soit en passe de sauver la planète. Il se peut également qu’il soit juste élu couleur de l’année 2016 avant de devenir terriblement « has been » et « boring ». Ce qui est certain, c’est qu’il continuera de ne pas laisser indifférent, en vert et contre tout.

  • Moodboard  d’inspiration

inspi

  • Mode

Version Jour

green mode jour

Version Soirgreen mode

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  1. Top épaules nues H&M
  2. Robe patineuse Zara
  3. Robe imprimée Carine Roitfeld pour Uniqlo 
  4.  Jupe Sandro
  5. Veste bi-matière Le Mont Saint Michel
  6. Bomber en satin H&M
  7. Lingerie Huit
  8. Ballerines Repetto
  9. Bottines Michel Vivien
  10. Baskets Esplar Veja
  11. Sac Wyoming Palmeral Eastpak
  12. Sac cartable Topshop
  13. Pochette Bimba y Lola
  14. Pochette United Colors of Benetton
  15. Porte-monnaie Tipthara 
  16. Montre Polar A360
  • Beauté

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  1. Douche exfoliante à la menthe Kneipp
  2. Galet de bain effervescent à l’épicéa Kneipp
  3. Coffret verveine-agrumes Jeanne Arthes
  4. Mousse de douche Tai Chi Rituals
  5. Gel douche & bain moussant au Kiwi Energie Fruit
  6. Après-shampoing à la verveine L’occitane
  7. Beurre corporel au thé vert The Body Shop
  8. Coffret pour les mains Maroccan Tea & Other Stories
  9. Brume Yin Rituals
  10. Masque gel détoxifiant au concombre Peter Thomas Roth
  11. Masque microfibre hydratant Qiriness 
  12. Sérum visage La Rivière
  13. Eau de soin énergisante Payot
  14. Parfum Chance l’eau fraîche Chanel
  15. Eau de toilette Un jardin sur le toit Hermès
  16. Le parfum L’Eau Couture Elie Saab
  17. Eau de parfum Décadence Marc Jacobs
  18. Fard à paupières irisé Vert prairie Make up forever
  19. Crayon fard à paupières waterproof Metallic golden kaki Make up forever
  20. Ombre à paupières Vert scintillant Etam
  21. Vernis gris-vert Essie
  22. Vernis Brazil collection OPI
  23. Vernis bio vert Hope Kurebazaar
  • Conseils Beauté

Selon sa carnation

Le maquillage vert convient à tous les types de peaux il suffit de choisir la bonne nuance selon sa carnation.

Peaux claires : préfèrent les verts froids aux reflets bleutés (émeraude, sapin, menthe à l’eau, mousse, céladon, vert-de-gris..) dans des teintes claires ou foncées.
> Peaux mates : peuvent se permettre les verts chauds comme froids, dans des teintes de préférence soutenues.
> Peaux foncées : font ressortir à merveille les verts chauds aux reflets dorés (pomme granny, anis, pistache, olive, kaki…) dans des teintes plutôt claires.

Feu vert sur les paupières

Il existe plusieurs techniques pour appliquer son vert : à l’eyeliner, au pinceau.. tout dépend de la matière utilisée et de l’effet voulu. Voici plusieurs rendus du plus discret au plus osé :

  1. En trait fin sous les cils inférieurs,
  2. En trait épais et graphique sur la paupière supérieure,
  3. En épaisse couche sur toute la paupière mobile,
  4. En halo diffus et dégradé tout autour de l’oeil.

NB : Attention tout de même à ne pas se transformer en sosie de Poison Ivy !

Les bonnes associations de couleurs

Certaines couleurs se marient à merveille avec le vert. Voici quelques idées d’associations :

  1. Vert clair/foncé + bleu foncé,
  2. Vert clair/foncé + or,
  3. Vert clair/foncé + bleu foncé + taupe,
  4. Vert foncé + violet,
  5. Vert foncé + bleu + violet dans un dégradé de couleurs mordorées type bronze ou cuivre. Effet scarabée garanti !
  • Décoration

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  1. Coffret d’assiettes à desserts Deshoulières
  2. Tasses à café et soucoupes Deshoulières
  3. Théière Kusa Iro en fonte verte Nature & Découverte

  4. Verrine Coming B
  5. Bol Vert Oribe The Oriental Shop
  6. Vase Rifton Kavehome
  7. Vase Scarabée Moustache
  8. Vase Cactus AM.PM
  9. Bougie Amande Jolie La Française
  10. Bougie Herbes Fraîches La Belle Mèche
  11. Bougie parfumée H&M
  12. Coffret d’encens parfumé Thé après l’orage Mariages Frères
  13. Brume d’oreiller au jasmin Au pays de la fleur d’oranger
  14. Coussin Kota par Iosis pour Yves Delorme
  15. Fauteuil à accoudoirs William AM.PM
  16. Guirlande Papier vert Sky Lantern
  17. Trophée cerf Copilot Miho
  18. Étagère Elipse Kavehome
  19. Horloge murale Boconcept
  20. Table basse Normann Copenhagen
  21. Vide poche La Chance
  22. Lampe de table Transloetj Fatboy
  23. Le livre des Palmiers chez Fleux
  24. Livre Indoor Green : living with plants MrKitly
  25. Cactus de Pâques Truffaut
  26. Arbre de Jade Paris-Bonsaï
  27. Gland de clé Zara Home
  • Alimentation

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  1. Bûchette de saumon fumé et chèvre frais aux baies roses Fauchon
  2. Pesto à la génoise La Favorita
  3. Moutarde Basilic Maille
  4. Wasabi en tube Yamachu
  5. Cardamone verte Hediard
  6. Sel fumé Terre Exotique
  7. Herbes à salade Bio Truffaut
  8. Spray huile d’olive extra Bio Truffaut
  9. Cornichons aigre-doux Bio La Vie Claire
  10. Câpres au sel marin La Nicchia
  11. Haricots mungo dit « soja vert » Naturalia
  12. Graines de courge Markal
  13. Pâtisserie Le Fruithé thé Matcha et framboise Eugène Paris
  14. Sorbet à la poire Picard
  15. Grand macaron à la pistache La Grande Epicerie de Paris
  16. Madeleines à la pistache Le Petit Colibri
  17. Cookie Matcha Blanc Jean Hwang Carrant
  18. Purée de pistache Jean Hervé
  19. Thé noir yuzu, pétales de rose et note de guimauve Happy Tea Mariages frères
  20. Thé Japonais Toraya
  21. Infusion rooibos verveine-menthe Lov Organic
  22. Smoothie détox n°4 banane-kale-épinard-kiwi Bojus

Chasser le mauvais oeil

Éloigner le mauvais sort. Il ne s’agit pas seulement d’un clin d’œil aux (tristes) actualités mais de la prolongation et de l’affirmation d’une tendance mode apparue il y a deux ans déjà. Rappelez-vous, défilé Kenzo Automne-Hiver 2013-2014 : des yeux noirs et blancs, en motif placé/oversize ou en all over sont LA signature de la collection. Une tendance qui tape visiblement dans l’œil d’autres maisons qui s’en emparent rapidement.
Dès lors, l’œil se décline version haute couture sous forme de pastilles brodées chez Givenchy, version Twilight revisité avec des imprimés oeil de loup (garou ?) chez Felipe Oliviera Batista, version bijoux art déco chez Paule Ka et Delfina Delettrez , version espiègle sur des slippers chez Dior et Apologie… Du pain béni pour les fashionistas qui adoptent ce motif pour twister leur look.

Et aujourd’hui ? Ça continue à travers des collab telles que « Majestic Filatures x André » qui décline l’imprimé oeil sur des t-shirt et des sweats mais aussi avec des créations de blogueuses (Chiarra Ferragni en tête). Impossible donc d’échapper à ces Big Eyes un brin inquisiteurs qui nous fixent sous forme de bijoux, de pochettes…
Focus sur une tendance mode qui nous fait clairement de l’oeil.

  • Inspiration

oeil

  • Origines et symboliques

Pour sa collection Automne-Hiver 2014, Kenzo s’est inspiré des yeux des temples Hindous synonymes de protection.

A l’origine, l’œil est le symbole du divin. L’œil de la providence, ou « œil omniscient », est caractérisé par un œil placé à l’intérieur ou en dessous d’un triangle figurant la Trinité et entouré de rayons de lumière. Il incarnerait l’œil de Dieu surveillant l’humanité et à qui rien n’échappe.
On retrouve cette interprétation dans la mythologie égyptienne avec l’œil d’Oudjat soit l’œil gauche du Dieu faucon Horus. Cet œil est associé à la lune et aux offrandes funéraires. La lune qui se regénère sans cesse à travers ses phases est en effet l’espoir d’une possible renaissance pour les défunts égyptiens. L’œil d’Horus symbolise bonne santé, protection et fécondité.

Le mauvais œil à l’inverse renverrait au pouvoir supposé malveillant du regard de certaines personnes. Croiser ce regard jaloux provoquerait le malheur. Porter amulettes, gris-gris et autres talismans souvent représentés sous forme d’œil, de lune, de scarabée et de corne permettrait de s’en protéger.

Dans la mythologie grecque les cyclopes pourvus d’un seul œil et donc d’une perception diminuée apparaissent comme des monstruosités vouées à l’impulsivité.
Le troisième œil en revanche serait reflet de sagesse. Chez les Hindous, Shiva possède trois yeux : un œil solaire, l’autre lunaire -comme Horus– et en plus un troisième œil au milieu du front représentant la connaissance spirituelle, la clairvoyance et l’intuition. On parle également de l’oeil d’Ajna, lié au mental, dont les facultés seraient améliorées par la méditation qui favorise le discernement et le détachement.

  • Shopping Modefashion-eye
  1. Pochette The Whitepepper
  2. T-shirt Majestic Filatures x André
  3. Pochette Charlotte Olympia
  4. Porte-clés Essentiel Antwerp
  5. Slippers Chiara Ferragni
  6. Pochette Yazbukey
  7. Slippers Apologie
  • Shopping Bijouxbijoux-oeil
  1. BO Delfina Delettrez
  2. Bague Thomas Sabo
  3. Collier Joseph
  4. BO H&M
  5. Bracelet b-tal jewellery
  6. Bague Tatty Devine
  7. Bague Third eye

Pour chasser les mauvais esprits on peut aussi se parer de jolis gris-gris porte-bonheur sous forme de bracelets brésilien, scarabée, corne, croissant de lune, attrape-rêve indien… A moins que vous ne préfériez croire en votre bonne étoile.

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  1. Bague Scarabée Rita & Zia
  2. Bague Petite Lune et Bracelet Dream Catcher Caroline Najman
  3. Bague Aimée Monsieur
  4. BO Ozalée Satellite
  5. BO Youh Youh Bijoux 
  6. BO Short feather Bimba y Lola
  7. BO Dream Stalactite
  8. Bracelet Sylvia Toledano
  9. Bracelet et Collier Etoile Agatha
  10. Bracelet Beth Turquoise Pascale Monvoisin
  11. Bracelet Scaramouche Gas Bijoux
  12. Lien avec Scarabée en céramique Ginette NY
  13. Manchette de bracelets brésiliens Pink Lucky Hipanema
  14. Colliers H&M
  15. Colliers et bagues H&M
  16. Collier Bimba y Lola
  17. Tour de cou Takayama baby corne Aurélie Bidermann
  18. Collier Formentera Goutte L’Atelier Clandestin
  19. Pendentif Marabout Medecine douce
  20. Collier Pearl Star et Bague Pearl Luna Pamela Love

Rose et rouge, le duo qui claque

Et si le meilleur allié du rose était le rouge ?

Contrairement à ce que l’on pourrait penser -« c’est too much », « ça va jurer »- ce duo fonctionne en effet très bien et a déjà fait de nombreuses adeptes du côté des fashionistas défilant dans la rue comme des stars défilant sur les tapis rouges. Audrey Tautou, Kate Winslet, Elizabeth Hurley, Malin Akerman ou encore Olivia Palermo -entre autres- n’ont pas eu peur de ce color block électrique. Quant à la créatrice espagnole Agatha Ruiz de la Prada, elle a choisi ce duo en total look du sol au plafond pour sa boutique à Madrid.

Côté make-up la couleur fuchsia, définie comme un « violet rougeâtre » dans Le Répertoire des couleurs de la Société des chrysanthémistes (1905), s’est régulièrement invitée sur les défilés ces dernières années. On l’a vu détournée, en aplat sur les paupières plutôt que sur les lèvres, et en halo diffus sur les tempes notamment. Elle a également plus récemment envahi le secteur de la beauté et de la parfumerie.

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Le rose est une couleur plus complexe qu’elle n’y paraît car ambivalente. Elle renvoie en effet à la fois à des tonalités douces (vieux rose, lait-fraise, rose bonbon) obtenues par des rouges lavés de blanc et à des teintes vives (rose indien, magenta, fuchsia) obtenues par des colorants synthétiques à partir de la fin du xixe siècle. Dans le second cas de figure, le cercle chromatique se situe alors entre le rouge pourpre et le violet.

La symbolique qui en émane est tout aussi ambivalente : au rose pâle évoquant l’enfance, la candeur et la  pureté s’oppose le rose shocking* couleur de la sensualité, de l’érotisme et des excès.

C’est une couleur franche qui renvoie à la fois aux héroïnes du photographe Guy Bourdin et au mouvement punk » explique le maquilleur Ludovic Engrand à propos du fuchsia.

* Le rose shocking ou shocking pink désigne une nuance de fuchsia qui fut introduite en France en 1937 par la créatrice de mode italienne Elsa Schiaparelli. Cette nuance, qui devint sa marque de fabrique, fut par la suite utilisée par Yves Saint Laurent dans ses collections.

  • Moodboard d’inspiration
LE-duo-qui-claque-inspi2
© JITMF
  • Shopping Mode 

Version Work

jour

  1. Bracelet Myfirtst Agatha
  2. Chemise Zara
  3. Pantalon slim Naf Naf
  4. Collier Tatty Devine
  5. Bague & Other Stories
  6. Sac imprimé bisous Agatha Ruiz de la Prada
  7. Écharpe tube H&M
  8. Manteau La Redoute
  9. Salomé bi-matière Repetto

Version Afterwork

soir

  1. Gilet col V Naf Naf
  2. Bracelets H&M
  3. Escarpins bicolores Mellow Yellow
  4. Sautoir Stalactite
  5. Robe patineuse Top Shop
  6. Créoles Claire’s
  7. Sac Bershka
  8. Collants Color-mania
  • Shopping Beauté 

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  1. Coulis de douche fruits rouges Melvita
  2. Lait soyeux corps à la rose Weleda
  3. Masque visage au cranberry Bio Lavera
  4. Parfum Paris Premières Roses Yves Saint Laurent
  5. Parfum Valentina Valentino
  6. Rouge à lèvres Intense Clinique
  7. Rouge à lèvres Emotional rose 237 Peggy Sage
  8. Rouge à lèvres La vie en rose 305 Paul & Joe
  9. Gloss Make Up Forever
  10. Crayon lèvres Hot Collection Bobby Brown
  11. Crayon lèvres Phyto-Lip Sisley
  12. Crayon yeux Colorful Sephora
  13. Blush Subtil Lancôme
  14. Blush Dual Intensity Nars
  15. Vernis Salon Pro 105 et 115 Rimmel London
  16. Vernis Fabulous Kure Bazaar
  • Conseils Beauté

Les conseils d’Emilio Benedetti, Make-up Artist Yves Saint Laurent :

> Pour un look duo rose + rouge
1. On applique au doigt un fard crème rose profond sur la paupière mobile.
2. On donne du contraste avec un trait fin de crayon prune au ras des cils supérieurs et on intensifie le regard avec du mascara noir.
3. On coordonne avec un rouge à lèvre corail + un blush orangé.

> Pour un look ton sur ton fuchsia
1. On laisse la paupière nue mais on travaille le dessous de l’oeil avec un crayon gras noir fondu avec une ombre poudre rose foncé.
2. On rehausse le haut des pommettes et des tempes avec un blush poudre rose frais.
3. On applique un rouge à lèvres fuchsia intense sur la bouche.

Les conseils de Ludovic Engrand, Make-up Artist Shu Uemura :

En photo ou sur les podiums des défilés, le fuchsia aimante l’attention et évoque l’audace et la force. Dans la vraie vie, il faut savoir l’utiliser avec subtilité pour ne pas avoir l’air déguisé. Les khôls noirs gras, posés à l’intérieur de l’oeil au ras des cils, vont adoucir le côté choquant du rose vif. On peut par exemple, appliquer un eye-liner noir avant de le doubler avec un eye-liner rose.

En résumé :
 Le fuchsia c’est soit sur les paupières soit sur les lèvres sinon c’est too much.
Pour l’option sur les lèvres on opte pour un fini mat et on calme le jeu avec un maquillage nude.
 Le noir est le partenaire idéal du fuchsia sous forme de mascara ou de crayon gras.

  • Shopping Design 

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  1. Verre Maison du Monde
  2. Torchon Fleux
  3. Nappe Casa
  4. Vase soliflore Movimento-ecodesign
  5. Gelée de pétales de roses Nature & Découvertes
  6. Thé Bio Framboise-litchi Nature & Découvertes
  7. Robot Patissier KitchenAid Artisan
  8. Nespresso Inissia Krups
  9. Boîtes de rangement Fleux
  10. Pouf Casa
  11. Chaise Fermob
  12. Chaise Acapulco La chaise longue
  13. Housse de coussin Ikéa
  14. Coussin en soie et lin Zara Home
  15. Bouillotte coeur cocoon La chaise longue
  16. Guirlande lumineuse Heart Habitat
  17. Suspension Canberra Maison du monde
  18. Lampe de table Casa
  19. Casque Gïotto Ora-ïto
  20. Coque Iphone Marimekko
  21. Souris Coeur La chaise longue
  22. Réveil Babylon Lexon
  23. Kit séchage express Calor
  24. Pot à crayons Essey
  25. Masque de yoga Nature & Découvertes
  26. Kit pilates La chaise longue
  27. Tapis Tvis Ikéa
  28. Tapis Nova Chevalier édition
  29. Stickers Domestic
  30. Ruban adhésif Kamoi Kakoshi chez Merci
  31. Porte-revues Fleux
  32. Vélo Gramercy Martone cycling

Tutti Frutti

Les fruits d’été disparaissent peu à peu des étals ? Qu’à cela ne tienne, on fait le plein de vitamines en les portant en imprimés all-over ou en détails sur des accessoires et on garde la pêche malgré le début de l’automne.

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Inspiration phare : Agatha Ruiz de la Prada fidèle à son univers coloré, pop, humoristique et décalé signe une collection printemps été 2016 aux couleurs plus douces que d’ordinaire. Des modèles aux allures de pin up rétro arborant des tenues telles des bonbons acidulés ont ainsi arpenté les podiums de la Fashion Week madrilène sur un fond tapissé de cœurs jaune citron. Une belle énergie solaire à l’image de la marque.

shoppingAu menu ? Sweat parfum kiwi, bikini et Stan Smith citronnés, collier de fruits d’automne, pantalon aux fraises des bois, pastèques en veux-tu en voilà mais aussi robe et boucles d’oreilles pour avoir la banane !

  1. Bikini C&A 
  2. Pochette Monki
  3. Sweat Choies
  4. Collier Les Néréides
  5. Robe Compañia Fantastica
  6. BO Shourouk
  7. Minaudière Kate Spade
  8. Stan Smith Adidas Originals
  9. Blouse River Island
  10. Pantalon Muveil

Es mejor ir disfrazado de payaso que de funcionario, ejecutivo o mujer fatal. Hay que tener la valentía de buscar la manera de vestir que a uno le guste realmente, sin dejarse atemorizar por el miedo al proprio cuerpo ni por el horror a diferenciarse de la estética imperante.

Il vaut mieux aller déguisé en clown qu’en fonctionnaire, en cadre ou en femme fatale. Il faut avoir le courage de trouver la manière de s’habiller qui nous plaît réellement sans se laisser impressionner par la peur de son propre corps ni par l’horreur à se différencier de l’esthétique dominante.  

Agatha Ruiz de la Prada

Mission Maillots

Graphique, Glamour, Color block encore Sporty, à chacune son maillot selon son style…

  • Graphique épuré

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  1. Maillot 2 pièces asymétrique « Alice » Luz collections.
  2. Maillot 1 pièce bustier Tooshie.
  3. Trikini Orcanta.
  4. Maillot 1 pièce bustier « Charlotte » Luz collections.
  • Glamour chic
  1. glamourHaut et bas de maillot « Movie » Princesse Tam Tam.
  2. Maillot 1 pièce en maille « Gold » Tooshie x Maje.
  3. Maillot 1 pièce « Gloria V » American Apparel.
  4. Maillot 1 pièce bustier « Maya » Pamela de Beaumane sur La nouvelle vague.
  • Color Block vitaminé

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  1. Bikini « Poppy marshmallow yellow » Triangl.
  2. Maillot 1 pièce « Davina » Garance Paris.
  3. Bikini émeraude Tooshie.
  4. Haut et bas de maillot H&M.
  5. Maillot 1 pièce olympique « Justine » Luz collections.
  • Sporty punchy

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  1. Maillot 1 pièce zippé K-Way.
  2. Nageur Princesse Tam Tam.
  3. Haut de maillot H&M.
  4. Maillot 2 pièces en Néoprène Duskii.
  5. Maillot 2 pièces 3 Suisses.

Rencontre avec Davina Shefet « For The Party People »

Chatoyance de couleurs fauves, joyeux bric à brac vintage, cabinet de curiosités bling bling, brocarts et soieries en attente d’ornements précieux… nous ne sommes pas à Byzance mais chez Davina Shefet ou plutôt dans son atelier, là où ses créations textiles inspirées et inspirantes prennent forme. De son imagination naissent des histoires poétiques qui se racontent par petites touches sur des foulards et des kimonos habités. De l’artisanat avec un grand A à l’ère du fast fashion et des digital natives qui ne jurent plus que par le virtuel, on aime ça.

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Joyeux bric à brac vintage

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Brocarts et soieries en attente d’ornements précieux

Davina est arrivée dans la mode « par hasard » et explique créer « par accidents » . Son talent semble lui échapper alors même qu’il nous éclate à la figure. Voyage quelque part entre l’orient et l’occident, For the Party People mais pas que…

Peux-tu te présenter ?
J’ai 27 ans, à la base je suis compositeur-interprète puis j’ai étudié la communication visuelle pendant trois ans à l’ECV. Je me considère un peu comme une touche-à-tout. J’ai commencé l’illustration et très vite j’ai eu envie de m’exprimer sur d’autres supports que le papier. Tout sauf des surfaces planes. Je me suis alors tournée vers le textile qui pose des contraintes soit de nouveaux challenges pour moi qui aime relever les défis. Travailler les pleins, les vides, le volume m’intéresse tout particulièrement. J’ai donc commencé à peindre sur des foulards puis de fil en aiguille sur des plus grandes pièces : des kimonos. En fait je me suis retrouvée dans la mode un peu par hasard.

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Ses illustrations

Qui se cache derrière « La Factory » que l’on trouve sur ton site* et quel lien y a t-il avec « For The Party People » ?
En fait il y a deux choses : « La Factory » qui est une agence de communication visuelle que j’ai créée qui traite des projets pour l’illustration, le web design, l’identité visuelle, la publicité et « For the Party People » ma marque de kimonos. Il m’arrive d’employer des free lance pour l’un ou l’autre de ces deux projets mais globalement, je suis seule derrière tout ça.

Pourquoi avoir choisi comme pièce phare de ta collection le kimono ?
Alors là c’est une très longue histoire. Il y a plusieurs raisons à cela.

La première est liée à mon histoire personnelle : à une époque où j’avais des problèmes de poids je recherchais toujours le vêtement qui allait à la fois cacher mes complexes et refléter ma personnalité. Ce devait aussi être un vêtement dans lequel je me sente bien, dans lequel je puisse bouger tout en me sentant mise en valeur. Je portais souvent des mailles extra-larges ou des vestes avec des détails particuliers pour attirer le regard là où je le désirais.

La seconde est liée à un constat de mon expérience en tant que vendeuse de vêtements : de nombreuses femmes recherchent des pardessus pour sortir or on ne leur propose que des blazers ou des étoles. Je trouve cela très limité. En fait, j’ai tiré la conclusion qu’il y avait à ce niveau une demande supérieure à l’offre et qu’il y avait sans doute quelque chose d’autre à proposer.

La troisième raison est liée à mes goûts et à ma personnalité : j’ai toujours été fascinée par la mode japonaise et par le kimono. Au Japon, on offre un kimono lors des grandes étapes de la vie comme un rite de passage. Je trouve ce côté sacré, cérémonial très beau. Je ne fais pas référence à l’univers des Geisha mais vraiment à ce que représente le kimono lui-même. Une amie m’a offert un kimono il y a un an alors que je venais de commencer à peindre sur des foulards et là ce fut une évidence, il fallait que je peigne aussi sur des kimonos !

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Sa palette de peinture sur soie
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Détails de foulards peints à la main

« For The Party People », dois-je en conclure qu’il faut nécessairement être une créature de la nuit pour porter un de tes kimonos ?
En fait je cherche surtout à fuir toute sorte de stéréotypes. Je n’aime pas le côté austère et prétentieux de l’ambiance des soirées depuis la fin des années 80. Tu sais, ce côté bling bling très sélect avec des codes fermés et élitistes. Moi je voulais un univers qui soit joyeux, coloré, mixte, bon enfant et résolument ouvert d’esprit. La liberté c’est le mot clé. En définitive, « For the Party People » ne s’adresse pas uniquement aux gens qui clubbent mais avant tout à ceux qui cherchent à s’abandonner, à se réinventer. Le personnage du drag Queen par exemple est pour moi une source d’inspiration, c’est l’idée que, le temps d’une soirée, tu t’inventes un personnage pour mieux t’évader.

Quelles sont tes inspirations ?
La mode Japonaise, Kenzo, le mélange orient-occident, le fauvisme (Matisse en particulier), Chagall, Moreau, l’art Islamique… j’ai aussi été marquée par le style brut Danois -je suis Danoise d’origine- je m’en inspire dans ma manière de casser les codes.
Comme j’aime les références ethniques occidentalisées je cherche à créer par l’ornement des kimonos qui soient vraiment le reflet de ce pont entre orient et occident.

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Kimono long « L’animal Hybride »

P1040539 Comment définirais-tu ton style ?
Brouillon dans le sens expressionniste, je crée par accidents. Je n’ai pas vraiment d’idées en tête ou alors même si j’en ai une elle m’amène souvent à un résultat que je n’avais pas prévu, c’est d’ailleurs l’échec qui me fait rebondir. Je suis dans un style ornemental, visuellement spontané, avec un trait qui se veut électrique, diffus, à l’arrache.
Pour les références je me situe à mi-chemin entre Hermès (pour le côté tradition, luxe, artisanat), Lacroix (pour le vêtement d’exception) et Kenzo (pour la mixité des inspirations).

As-tu un fil directeur dans tes créations ?
Oui le storytelling. En fait, chacun de mes kimonos raconte une histoire différente car avant même de peindre, j’écris des histoires que je traduis ensuite visuellement. Le livre Pop Culture de Richard Mémeteau a été une source d’inspiration pour l’une d’elle.
Ma première collection de Kimonos intitulée « Party with yourself » correspond ainsi à cinq petites histoires qui traitent des différents états du moi. Il y a « Le jardin d’hiver » (les visages du moi) , « L’animal hybride » (le moi dompté), « Le voyage » (le moi primaire), « Gilgamesh » (le moi sacré) et « Pop Culture » (le moi par le reflet). En voici deux d’entre elles :

 Le jardin d’hiver – Les visages du moi 
Un moment de recueil et de poésie, de superpositions, de cachoteries, de la profondeur sous une apparente légèreté, une fragilité pesante, un envol sous la neige. Douceur et gourmandises sur la route stratifiée du soi. Paradoxes et visages d’une féminité introspective.

L’animal hybride – Le moi dompté 
L’homme et la femme donc. Une nature domptée, des peaux de serpents qui forment des fleurs, un lézard sec mis sous verre comme un papillon, la confusion des genres, l’inversion des genres même. De la taxidermie au bestiaire, l’allure d’une chasseuse fétichiste qui collectionne et se vêt de ses conquêtes chacune traquée et aimée pour ce qu’elle représente. Du pouvoir et des accomplissements, de l’égo travaillé, une beauté violente presque castratrice. Artemis meets Merkel.
 

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« un envol sous la neige »

Comment se déroule la création de tes kimonos, quel est ton procédé de fabrication ?
La première étape est la réalisation de la toile/du patron suite à laquelle j’élabore mon imprimé inspiré de mes histoires. Je peins le prototype original entièrement à la main, ce qui me prend environ trois semaines. Enfin vient l’assemblage avec une couturière.
Si le résultat me satisfait, je scanne tout, je retravaille l’imprimé pour la production et je l’envoie pour l’impression digitale. Cela donnera lieu à des collections capsules de 30 pièces par modèle produite en Europe (probablement en Italie).
Côté matières mes kimonos sont 100% soie crêpe avec ajout de brocarts et velours pour les ornements.

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Détails du kimono « Le sacré »
« Style ornemental, visuellement spontané, trait diffus »

Des textiles peints à la main directement sur des pièces en soie, des collections capsules produites en Europe… de l’artisanat et du local à l’ère du fast fashion c’est un risque ou plutôt un véritable pari. Pourquoi ce choix ?
Par manque de moyens d’abord comme je débute. Par éthique ensuite afin de m’assurer de conditions de travail correctes. C’est aussi un choix politique. Celui de proposer des créations uniques pour des personnes qui veulent se sentir uniques, il fallait donc que ma démarche soit cohérente avec mon propos. Je ne vais en effet pas proposer des vêtements identiques en masse sinon je perds l’identité de ma marque.

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Détail du kimono « Le jardin d’hiver »

IMG_6957 As-tu déjà envisagé la personnalisation, actuellement très en vogue dans le milieu de la mode, de tes kimonos ? Cela irait dans le sens de ton choix non ?
J’ai déjà fait des collab avec Andy Bradin et French Tobaco. Je choisis des artistes et je réinterprète, moi avec eux, leur univers. Il s’agit vraiment d’un travail main dans la main. Je commence par leur poser des questions pour cerner leur personnalité puis je crée avec mes outils habituels. Quand à la personnalisation, c’est une option que je propose pendant le crowfunding*.

Ta marque semble proche du lifestyle. Il ne s’agit pas que de mode et de kimonos sinon de prôner un certain état d’esprit/art de vivre n’est-ce-pas ?
Oui c’est vraiment ça, pour moi le plus important c’est que la personne s’amuse ! Je suis en effet proche du designer dans le sens où avant de me lancer, j’ai réalisé de nombreux tests d’usage/de situation. Il fallait que la personne puisse réellement avoir une totale liberté de mouvement en portant mes kimonos. Je me suis aussi donné comme challenge de réaliser un modèle qui soit unisexe et taille unique. Un challenge qui me pose de sacrés défis côté production ! Je cherche encore mais je pense qu’il s’agira de l’Italie.

Quels sont tes projets à venir ?
Commencer par obtenir des fonds grâce au crowfunding* ! Je suis au coup d’envoi de ma collection donc je vais déjà voir quels sont les retours face à mes créations. Sinon j’ai bien un autre projet en tête mais il est d’une toute autre matière…

Ça m’intéresse…
J’aimerais créer un women’s group, pour faire court il s’agirait de réfléchir sur le leadership au féminin. C’est un projet sur lequel je travaille avec la même amie qui m’a offert le kimono et qui termine actuellement sa thèse sur le sujet.

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Davina portant une de ses créations

Et si tu étais…
Une couleur :
le vert
Une matière :
le bois
un métal :
l’or
Un vêtement :
un kimono
Une odeur :
la cannelle
une saison :
l’automne
un paysage :
une plage nordique
une fleur :
de cerisier
une ville :
Paris
un pays :
la France
un plat :
du saumon quel que soit sa forme
un goût :
sucré (mais acidulé)
un réalisateur :
Mel Brooks
un écrivain :
Marguerite Yourcenar
une groupe de musique :
Motown
un courant artistique :
le fauvisme
une époque : à venir

Interview terminée, on quitte Byzance le Marais, la tête en effervescence pleine d’histoires mystérieuses, de légendes ancestrales, de teintes à la fois douces et violentes, de motifs orientaux, de rites sacrés, de métamorphoses, d’analyse sentimentales, de débats sur la confusion des genres… Tout est un peu brouillon, à l’image de l’atelier où l’on vient de voyager passer l’après-midi mais le sentiment, lui, reste net. Celui d’avoir rencontré une artiste avec un grand A. Davina, je te souhaite encore beaucoup d’autres belles histoires « par accidents » puisque c’est ainsi qu’elles surgissent du bout de ton pinceau.

Photos de l’article © JITMF

Festivals d’été

Safari Chic

Safari

  • Ambiance : Une amazone des temps modernes en combinaison casual mais chic accessoirisée de lunettes écailles, sac seau léopard et créoles dorées claquant le sol, déterminée, en socques compensées.
  • Indispensable : La combinaison couleur kaki, Belair
  • Résumé : Combi + kaki + écailles + léopard + or + socques = Safari chic

The new Lolita

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  • Ambiance : Une étudiante, coquette mais pas midinette qui revisite l’esprit lolita en mixant  flower power, teintes électriques, touche 70’s avec une dégaine cool en basket blanches.
  • Indispensable : La jupe patineuse bleu électrique & Other Stories.
  • Résumé : Flower power + couleurs électrique + 70’s + baskets = The New Lolita

Urban Folk

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  • Ambiance : Une nomade pas farouche qui ramène un peu d’esprit gipsy en ville, vêtue de peaux, d’accessoires ethniques et de bijoux grigris.
  • Indispensable : Les sandales à franges Visconti & Du Reau
  • Résumé : peaux + franges + détails ethniques + grigris = Urban folk

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