Rencontre avec Nina Deswarte, architecte de la couleur

  J’ai connu Nina sur les bancs de l’école des arts appliqués, à l’ENSAAMA Olivier de Serres à Paris lorsqu’elle était en section design d’espace. Ce n’est pourtant que des années plus tard, grâce aux réseaux sociaux (merci Instagram), que j’ai découvert son talent d’illustratrice.

De ses dessins jaillit la couleur dans un style qui n’est pas sans nous rappeler le fauvisme. Les traits sont rapides mais toujours justes, la technique faussement simple –allez donc essayer de dessiner en perspective en si peu de temps. Mais c’est définitivement la couleur qui donne toutes dimensions à ses dessins, qui les structure et leur «donne vie».
Rencontre avec une architecte de la couleur.

1) Peux-tu te présenter et nous raconter ton parcours de ces dernières années ?

Je suis Nina, j’ai 29 ans et j’ai toujours aimé dessiner.
Mon amour pour l’art, à la fois l’histoire de l’art et le dessin, m’a mené à l’École des Beaux Arts d’Avignon en Restauration d’oeuvre d’Art avant de poursuivre dans le Design (ENSAAMA Olivier de Serres), et plus spécifiquement en Architecture d’intérieur.

PortraitAprès Paris, je me suis installée à Bordeaux où j’ai dirigé mon agence d’architecture d’intérieur et de design pendant deux ans. J’ai mené à bien une dizaine de projets entre Lille, Paris et Bordeaux incluant la rénovation intégrale d’une ancienne imprimerie en loft à Montreuil, la remise à neuf d’une ancienne brasserie dans le Nord ainsi que le réaménagement d’un restaurant et la réhabilitation de maisons girondines.

Fin 2016, j’ai décidé de changer de cap en me dirigeant vers le graphisme, l’illustration et la communication de manière plus globale au coeur d’un projet innovant et disruptif qui me comble aujourd’hui.

2) Depuis quand dessines-tu et qu’est ce qui t’a mené à une production de dessin quotidienne si prolifique ?

Je dessine et je peins depuis que je suis petite. À l’école primaire, j’adorais illustrer mes cahiers de poésie, j’y mettais déjà beaucoup de couleurs. J’ai été extrêmement créative entre sept et dix ans, je dessinais instinctivement et je faisais beaucoup de peinture. C’est pendant cette période que j’ai appris l’essentiel : le lâcher prise et la confiance en soi.
Le théâtre m’a permis de confirmer ces traits de personnalité, par l’improvisation et l’écoute (de soi et des autres).

Parmi les milliers d’images qui nous traversent l’esprit tous les jours, j’essaie d’en sélectionner une par jour -la plus captivante- et de retransmettre l’émotion par le dessin rapide et spontané pour ne pas en perdre l’essence. Je capture les meilleures sensations d’une journée à la manière d’un journal de pures inspirations visuelles.


3) Combien de temps te prends l’élaboration de tes croquis ?
Où et comment dessines-tu ?

Mes croquis sont rapides, je m’oblige à réduire le temps de création pour garder l’image intacte et vivante dans mon esprit. Cinq à dix minutes suffisent pour mettre l’émotion sur papier.
 L’enjeu est de savoir quand s’arrêter, c’est un équilibre à trouver.

Si je ne produis pas chez moi, je dessine beaucoup sur mes lieux de voyages. J’aime prendre de la place pour être libre de mes gestes et je choisis généralement une grande table sur laquelle je peux étaler toutes mes couleurs.

Atelier
Atelier © Nina Deswarte


4) Pourquoi privilégies-tu les pastels gras ? Quelles autres techniques apprécies-tu ?

Les qualités majeures qui me plaisent dans cet outil sont les infinis mélanges de couleurs, l’épaisseur des contours, la quantité des nuances, la possibilité de gratter la matière, l’instantanéité (du fait de l’absence de séchage) et la puissance du trait.

J’ai longtemps adoré la peinture à l’huile sur toile, l’aquarelle, l’encre de Chine, les pastels secs et le fusain. Le collage est aussi une pratique que j’aime énormément.

5) Lorsque tu dessines, as-tu des idées précises en tête ou laisses-tu place à l’improvisation ? Quels sont tes sujets de prédilection ?

L’improvisation est la part la plus importante de mon processus créatif. Cependant, j’aime aussi revisiter des intérieurs bien décorés, des moments partagés avec des personnes de mon entourage ou mes animaux. Quand je dessine « à l’instinct », la première couleur guide la première forme et cela s’enchaîne assez naturellement, sans que je me pose trop de questions.

Les sujets de mes dessins changent constamment, sans que je le décide vraiment, et varient du figuratif à l’abstrait.

 

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6) Quelles sont tes sources d’inspiration ? Des artistes de référence ?

Récemment, le Portugal et l’Afrique du Sud sont deux pays qui m’ont vivement inspirés tant dans les motifs, les couleurs, les sujets, que dans le monde animal, la nature et l’architecture.

En parallèle des souvenirs de voyages, je suis influencée par de nombreux courants artistiques du début du XXème siècle, notamment le mouvement Post-Impressionisme -Paul Gauguin (a), Paul Cézanne (b), Vincent Van Gogh (c)- l’Expressionisme -Pablo Picasso (d) et Paul Klee (e)-, le Fauvisme -Henri Matisse (f)- et l’Art naïf -Le Douanier Rousseau (g).

Art Post-Impressionnisme
Art Post-Impressionnisme, moodboard © Nina Deswarte

Sur la scène contemporaine, je citerai le travail époustouflant de l’artiste africain Gareth Nyandoro (h). J’ai découvert des artistes du monde entier sur Instagram et je suis ainsi devenue une grande admiratrice des sculptures de Peter Lubach (i), des paysages colorés de Laurent Corvaisier (j), de la force des œuvres de Vittorino Curci (k), des installations fleuries d’Ann Wood (l), des croquis aux crayons de couleurs de Joey Yu (m) ou encore des céramiques de Claire Jonhson (n).

Art contemporain
Art contemporain, moodboard © Nina Deswarte

7) Comment définirais-tu ton style ?

Entre une forme d’Expressionnisme et d’Art Naïf.

8) Parmi tous tes dessins, lequel préfères-tu et pourquoi ?

Je dirais que mon dessin préféré est « Happy Figure » qui est à la fois doux et puissant. J’ai le souvenir d’avoir été surprise et touchée lorsque le dessin était achevé.

Happy Figure, 21x29,7cm, 2018
Happy Figure, 21×29,7cm, 2018, © Nina Deswarte


9) Vers quelle direction artistique aimerais-tu te diriger avec le dessin (envies, collaborations, sur mesure) ? Des projets à venir ?

Je pense que la prochaine étape sera d’exposer mes dessins et de faire découvrir mon travail aux adeptes des galeries d’art.
L’avantage de passer du digital au réel sera la lecture des textures, des reliefs, des polychromies. Seul un dessin vivant peut transmettre toute son émotion.


10) Y a t’il un message que tu aimerais faire passer à travers tes créations ?

Je ne ressens pas le besoin de communiquer un message en particulier dans mes œuvres, je tiens à ce que chacun éprouve mes créations de façon libre. Je tente de retranscrire tous les jours les images les plus positives et marquantes qui viennent à moi, en espérant intriguer et retranscrire cette énergie.


S’ils ne sont pas chargés de messages, pour ne pas influencer le spectateur, il ne fait aucun doute que les dessins de Nina sont chargés d’émotions.
Ce qu’ils m’inspirent ? Une joie débordante, une énergie solaire, une poésie du quotidien. Une vision à l’image de leur créatrice, un brin hyper active, toujours souriante, la voie dynamique et pleine d’entrain laissant percevoir un esprit créatif foisonnant.

Plonger dans l’univers de Nina, c’est un peu regarder les choses à travers un filtre gai et optimiste où personnages, animaux, plantes ou objets dansent au rythme des couleurs et des motifs dans une harmonie qui leur est propre. Un filtre qu’on adopterait volontiers par ce mois de septembre synonyme de rentrée.



Portrait chinois de Nina

Et si tu étais un(e)…
Couleur : Jaune
Matière : Terre
Métal : Inoxydable
Pierre : Roches de Roussillon
Odeur : Une forêt de Pins
Bruit : Une chouette la nuit
Plat : Les plats de mon amoureux
Goût : Salé
Fruit : La Pêche
Saison : Été
Fleur : La Rose
Animal : Lion
Paysage : Le Fynbos au Cap
Pays : Un faible pour l’Italie
Ville : Bordeaux
Sport : Marathon
Livre : Les Livres d’Art
Poème : Alcool – Apollinaire
Tableau : Intérieur au rideau égyptien de Matisse
Style de Musique : Pop Rock Funk
Film : On Connaît La Chanson de Alain Resnais
Personnage : Peau d’Âne
Photographie : Berenice Abott
Courant artistique : Post-Impressionnisme
Révolution (culturelle/sociale/historique) : Droit de vote des femmes
Époque : le Présent
Vêtement : un beau manteau
Allure : Élégance
Pouvoir : la téléportation
Qualité : La Persévérance
Défaut : Susceptibilité
Expression : Pas folle, la guêpe !
Mot : Exploration

Citation : « On s’assied plus confortablement sur une couleur que l’on aime. »
Verner Panton

Cocorico

Cocorico ! C’était il y a un mois pile poil, un vent d’euphorie soufflait sur la France fière et heureuse d’un nouveau titre fraichement récolté.
Une coupe du monde en main, une deuxième étoile au tableau et hop, c’est tout le pays qui passe sous filtre frenchy drapé des fameuses couleurs tricolores de la tête au pieds.
Que l’on soit fan de football ou non, il faut avouer que c’est le meilleur prétexte l’occasion rêvée de mettre à jour son dressing pour être dans l’air du temps – d’autant plus que « le règne » va durer quatre ans. C’est long quatre ans. Voici donc quelques inspirations et une petite sélection de looks jour / soir avec tous les détails du shopping.
Le défilé bleu blanc rouge ? C’est parti !

  • Moodboards

Trouver l’inspiration bleu blanc rouge c’est d’abord revisiter quelques codes (et clichés) de notre belle patrie avec la capitale en ligne de mire…

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© JITMF 2018

L’élégance jalousée de la parisienne -ce petit je ne sais quoi vous savez- le made in France, l’artisanat, les carrés en soie, les pois, le coq, les rayures, le rouge à lèvres, le jean boyfriend, les espadrilles, le panier-cabas, la baguette, le vin…

cocorico inspi 2bisbis
© JITMF 2018

… les paillettes, Disneyland, les cabarets, le Crazy Horse, le glamour, l’amour, la Haute Couture, l’art moderne, les défilés, les créateurs, le savoir-faire, la beauté, l’exception, le luxe…

cocorico inspi 1
© JITMF 2018

… les librairies, les carnets Moleskine, les rubans, les paillettes, l’art, les brasseries, les cafés, le minimalisme, le chic-décontraté, les basiques, la marinère, le béret… et tant d’autres…

  • Shopping
    – Look Jour

    jour
    © JITMF 2018

    Pour aller acheter sa baguette tradition, faire le marché et/ou flâner dans le marais on a repéré (de gauche à droite) :

    1 – Collier ras du cou Agatha
    2 – Bustier Lacoste
    3 – Pantalon Zara
    4 – Lunettes de soleil Top Shop
    5 – Montre Rich Gone Broke
    6 – Derbies Mellow Yellow
    7 – Bandeau Bala Boosté
    8 – Robe chemisier Mango
    9 – Espadrilles compensées Mellow Yellow
    10 – B.O. créoles Aurélie Bidermann
    11 – Sac cabas Lacoste

    Le + : les derbies pour être chic à plat, à porter aussi bien en robe qu’en pantalon.

    – Look Soir

soir
© JITMF 2018

Pour se rendre à un vernissage, dîner sur une péniche et/ou aller danser sur les quais rive gauche on a repéré (de gauche à droite) :

1 – Béret Top Shop
2 – Top ajouré Zara
3 – Jupe fendue H&M
4 – Escarpins Mellow Yellow
5 – Collier gri gri Bala Boosté
6 – Bracelet manchette Agatha
7 – Mini sac Lacoste
8 – Combinaison pantalon New Look
9 – Sandales à talons Repetto
10 – Veste en cuir style bombers Comptoir des Cotonniers
11 – Carré en soie Hermès

Le + : la combinaison ou LA pièce forte du moment. Pour sortir le soir on préfèrera une combinaison pantalon plus chic qu’une combishort.

  • Bonus

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Allez-vous craquer pour le body « Blue velvet » en velours bleu nuit Noo, le sweat imprimé « Paris » & other Stories ou encore la bague « Lips » de Delfina Delettrez ?
Désormais la balle est dans votre camp…

Beautés tatouées

Si vous n’avez pas encore vu « Tatoueurs, Tatoués » courez-y ! Il ne vous reste en effet plus que deux semaines pour visiter cette somptueuse exposition, probablement la plus importante qui n’ait jamais été faite sur le tatouage. On y découvre les différentes origines, techniques, modes de vie et sens liés au tatouage selon les époques et populations à travers les quatre continents.

Le tatouage séduit, qu’il soit permanent ou pas. En effet, impossible de passer à côté de la tendance des tatouages éphémères particulièrement vus cet été.

De nombreuses marques de bijoux et d’accessoires surfent sur cette tendance en proposant des tatouages en éditions limitées tandis que d’autres se sont carrément spécialisées dans les bijoux éphémères, version or ou argent. Idéal pour sublimer sa peau encore bronzée au retour d’une destination ensoleillée ou pour faire sensation le temps d’une soirée.

Inspiration

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Sélection

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Tutti Frutti

Les fruits d’été disparaissent peu à peu des étals ? Qu’à cela ne tienne, on fait le plein de vitamines en les portant en imprimés all-over ou en détails sur des accessoires et on garde la pêche malgré le début de l’automne.

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Inspiration phare : Agatha Ruiz de la Prada fidèle à son univers coloré, pop, humoristique et décalé signe une collection printemps été 2016 aux couleurs plus douces que d’ordinaire. Des modèles aux allures de pin up rétro arborant des tenues telles des bonbons acidulés ont ainsi arpenté les podiums de la Fashion Week madrilène sur un fond tapissé de cœurs jaune citron. Une belle énergie solaire à l’image de la marque.

shoppingAu menu ? Sweat parfum kiwi, bikini et Stan Smith citronnés, collier de fruits d’automne, pantalon aux fraises des bois, pastèques en veux-tu en voilà mais aussi robe et boucles d’oreilles pour avoir la banane !

  1. Bikini C&A 
  2. Pochette Monki
  3. Sweat Choies
  4. Collier Les Néréides
  5. Robe Compañia Fantastica
  6. BO Shourouk
  7. Minaudière Kate Spade
  8. Stan Smith Adidas Originals
  9. Blouse River Island
  10. Pantalon Muveil

Es mejor ir disfrazado de payaso que de funcionario, ejecutivo o mujer fatal. Hay que tener la valentía de buscar la manera de vestir que a uno le guste realmente, sin dejarse atemorizar por el miedo al proprio cuerpo ni por el horror a diferenciarse de la estética imperante.

Il vaut mieux aller déguisé en clown qu’en fonctionnaire, en cadre ou en femme fatale. Il faut avoir le courage de trouver la manière de s’habiller qui nous plaît réellement sans se laisser impressionner par la peur de son propre corps ni par l’horreur à se différencier de l’esthétique dominante.  

Agatha Ruiz de la Prada